Press release
Arnaud Adami, Johanna Bath, Julien Boudet, Salomé Chatriot, Cathleen Clarke, Jean Cocteau, Jane Dickson, Nick Doyle, Tracey Emin, Yuan Fang, John Fou, Al Freeman, Nan Goldin, Dhewadi Hadjab, Jin Jeong, Arghavan Khosravi, Melanie Loureiro, Karyn Lyons, Marguerite Piard, Aura Rosenberg, Betty Tompkins, Urara Tsuchiya, Jess Valice, Sue Williams, Chloe Wise.

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Beyond Ecstasy. Est-ce dans une galerie aux murs blancs que vous prenez le temps de penser au corps, à comment on s’en évade et comment on s’y tient, est-ce possible ? L’espace dans lequel vous vous tenez ne fait pas exception à la manière dont les politiques spatiales du genre et du sexe trient, distribuent, et régissent les lieux, alors oui pourquoi pas. Les œuvres rassemblées ici collectionnent des lieux précis, des villes, des espaces mentaux, des enveloppes charnelles.
Il y a ces lieux de sexe et du travail que l’on ne voit plus. Ici c’est le Timesquare disparu des années 1980, Peepland oui, oui, des néons lubriquent la nuit noire et les silhouettes anonymes découpées viennent y acheter des portions de plaisir et d’évasion. Où est passé ce Timesquare là et tous ses homologues expurgés des métropoles, comme tout ce qui dépasse, cette question entre et sort de la pièce. Il y a ces lieux du sexe et du travail dont on avait oublié le caractère terrestre et tangible. Les voilà tirés dans le réel politique par le pinceau minutieux. L’intimité est le véhicule, la nudité n’est pas le sujet, elle est gratuite et payante à la fois, elle nous invite par effraction dans les chambres du maître, ou dans la fabrique des chambres à soi. C’est une belle affaire de partage spatial du pouvoir, de lieux imprenables, de lieux relégués, de lieux défendus. C’est la pièce rose pixel où l’on travaille le sexe digital, dans laquelle l’oeil-client n’entre d’ordinaire que par la caméra, c’est ce lit duveteux où l’on s’endort, écran allumé, dans l’attente qu’un spectateur souscrive à l’une des prestations possibles. Il y a les lieux où le sexe fait irruption gratuitement. Il encombre massivement l’imaginaire à l’instar de l’imagerie pornographique. C’est une image qui ne transgresse plus rien, non,  le flux constant a émoussé le tranchant des bords. Elle est une paresse, elle rince mollement l'œil fatigué, elle est un retour à l’ordre des années XX20. Elle déborde des revues, dégouline des internets et se niche, concrétion polie dans le détail d’un paysage minéral, ou vient, automatique,, meubler une pièce vide que l’on s’efforce de remplir.
Beyond, Above, Underneath. Plusieurs œuvres disent le décalage avec la norme et ce qui peine à s’incarner. Les yeux ne sont pas en face des trous, les pieds sont en dehors des chaussures, les corps interpénétrés qui défont les habitudes binaires, flottent sur des fonds blancs ou jaunes, empêchés de toucher terre. Il y a les fantasmes non réalisés, mais aussi les bribes de souvenirs traumatiques que leur violence inaudible confine au non-lieu, qui se heurte au récit de la légèreté des jours sans y trouver place. 
Comment on s’évade d’un corps : l’ek-stasis. Oui : c’est tentant de se glisser hors de l’étau des normes genrées dont la puissance structurante est tue. Beyond Ecstasy rassemble des corps mus, tronqués, contraints par liens et des poids invisibles, des urgences d’évasion. Elle rassemble aussi des portraits in absentia de corps des évadées ou des disparues, racontés en silence par leurs témoins matériels. Épines des fleurs sauvages qui bordent les routes mexicaines, mâchoire métallique d’une pince à cheveux porte formulaire planchette à pinces, ceinture de cuir noire et paire de stilettos vernie qui pourraient appartenir aussi bien à une employée sommée de vider son bureau qu’à une domina. Peut-être que la panoplie de la professionnelle - entre diktat sexualisant, et réappropriation - a été l’ instrument genré de sa conformité sur le lieu de travail, aussi bien que la pièce à conviction de ceux qui l’en ont congédiée  ? 
Stasis :  comment on se tient en soi et pourquoi le faire ; mais aussi la révolte qui résulte du déséquilibre ressenti dans la répartition du pouvoir. Il y a ici des œuvres qui nous  réapprennent à nous tenir en nous. Certaines nous regardent et nous réalignent derrière nos orbites. D’autres prolongent et suspendent des instants d’ancrage par les petites choses très simples. Une vibration de l’air entre les corps en présence. Sur la peau nue, le soleil recueilli de la fin d'après-midi, un tissu qui glisse, l’étreinte où l’on prend la force qu’il faut pour vivre séditieusement.

--Marion Chevalier Taton

 
Installation Views
Works
  • Jess Valice Woman (Untitled), 2024 Oil on canvas 45.7 x 35.6 x 2.5 cm. 18 x 14 x 1 in.
    Jess Valice
    Woman (Untitled), 2024
    Oil on canvas
    45.7 x 35.6 x 2.5 cm.
    18 x 14 x 1 in.
  • Tracey Emin Filling up The empty Room, 2020 Gouache on paper (framed) 23.9 x 31.9 cm. 9 ½ x 12 ½ in.
    Tracey Emin
    Filling up The empty Room, 2020
    Gouache on paper (framed)
    23.9 x 31.9 cm.
    9 ½ x 12 ½ in.
  • Arnaud Adami Icy Diamond, 2024 Oil on canvas 47 x 56 cm. 18 ½ x 22 in.
    Arnaud Adami
    Icy Diamond, 2024
    Oil on canvas
    47 x 56 cm.
    18 ½ x 22 in.
  • Marguerite Piard Bas Relief-Les éclaircies, 2024 Oil on sculpted wooden panel 70 x 50 x 3 cm. 27 ½ x 19 ½ x 1 in.
    Marguerite Piard
    Bas Relief-Les éclaircies, 2024
    Oil on sculpted wooden panel
    70 x 50 x 3 cm.
    27 ½ x 19 ½ x 1 in.
  • Arghavan Khosravi The Knife, 2024 Acrylic on canvas over wood panel, wood cutout, artist-made frame 60 x 36.5 cm. 23 ½ x 14 ½ in.
    Arghavan Khosravi
    The Knife, 2024
    Acrylic on canvas over wood panel, wood cutout, artist-made frame
    60 x 36.5 cm.
    23 ½ x 14 ½ in.
  • Marguerite Piard Les vives-eaux, 2024 Oil on sculpted wooden panel 20 x 25 cm. 8 x 10 in.
    Marguerite Piard
    Les vives-eaux, 2024
    Oil on sculpted wooden panel
    20 x 25 cm.
    8 x 10 in.
  • Marguerite Piard Les Larmes Douces, 2024 Oil on wooden panel 24 x 19 x 3 cm. 9 ½ x 7 ½ x 1 in.
    Marguerite Piard
    Les Larmes Douces, 2024
    Oil on wooden panel
    24 x 19 x 3 cm.
    9 ½ x 7 ½ x 1 in.
  • Salomé Chatriot Fetish Goddess Neck Pulse on Both Sides with Heart Beat, 2024 Enamel on aluminum 130 x 100 cm. 51 x 39 ½ in.
    Salomé Chatriot
    Fetish Goddess Neck Pulse on Both Sides with Heart Beat, 2024
    Enamel on aluminum
    130 x 100 cm.
    51 x 39 ½ in.
  • Arnaud Adami Sans Titre, 2024 Oil on canvas 20 x 15 cm. 8 x 6 in.
    Arnaud Adami
    Sans Titre, 2024
    Oil on canvas
    20 x 15 cm.
    8 x 6 in.
  • Nick Doyle An Indecent Proposal, 2024 Denim on shaped panel 78.7 x 73.7 cm. 31 x 29 in.
    Nick Doyle
    An Indecent Proposal, 2024
    Denim on shaped panel
    78.7 x 73.7 cm.
    31 x 29 in.
  • Jane Dickson All Male Peeps, 2021 Oil stick on linen 55.88 x 81.28 cm. 22 x 32 in.
    Jane Dickson
    All Male Peeps, 2021
    Oil stick on linen
    55.88 x 81.28 cm.
    22 x 32 in.
  • Al Freeman Mexican Poppy, 2024 Vinyl and polyfil 177.8 x 116.8 x 30.5 cm. 70 x 46 x 12 in.
    Al Freeman
    Mexican Poppy, 2024
    Vinyl and polyfil
    177.8 x 116.8 x 30.5 cm.
    70 x 46 x 12 in.
  • Jin Young Jeong Midsummer Caress, 2024 Oil on linen 127 x 104.1 cm. 50 x 41 in.
    Jin Young Jeong
    Midsummer Caress, 2024
    Oil on linen
    127 x 104.1 cm.
    50 x 41 in.
  • Yuan Fang Siren, 2024 Oil on canvas 140 x 170 cm. 55 x 67 in.
    Yuan Fang
    Siren, 2024
    Oil on canvas
    140 x 170 cm.
    55 x 67 in.
  • Sue Williams Pat, 1995 Oil on canvas 39 x 46 cm. 15 ½ x 18 in.
    Sue Williams
    Pat, 1995
    Oil on canvas
    39 x 46 cm.
    15 ½ x 18 in.
  • Jess Valice Woman (Untitled), 2024 Oil on canvas 45.7 x 35.6 x 2.5 cm. 18 x 14 x 1 in.
    Jess Valice
    Woman (Untitled), 2024
    Oil on canvas
    45.7 x 35.6 x 2.5 cm.
    18 x 14 x 1 in.
  • Chloe Wise To forgive you after dinner, 2024 Oil on linen 100 x 80 cm. 39 3/8 x 31 1/2 in.
    Chloe Wise
    To forgive you after dinner, 2024
    Oil on linen
    100 x 80 cm.
    39 3/8 x 31 1/2 in.
  • Melanie Loureiro Vibratory Syntax, 2024 Oil on linen 200 x 160 cm. 78 ½ x 63 in.
    Melanie Loureiro
    Vibratory Syntax, 2024
    Oil on linen
    200 x 160 cm.
    78 ½ x 63 in.